La Suède, entre mythes et réalités

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Souvent prise comme exemple sur les plateaux télé ou les réseaux sociaux, la « stratégie suédoise » de lutte contre la COVID a été plus fantasmée qu’autre chose et se révèle être au final un échec cinglant. Des théories et des données incomplètes se sont succédé sur la stratégie du pays scandinave. Il s’agit ici de faire le point sur ce qu’a été la « stratégie suédoise » ainsi que de debunker les approximations qui ont été faites dessus.

La Suède n’a pas eu de mesures restrictives.

C’est complètement faux. Certes elle n’a pas connu un confinement à la française, mais l’idée même de confinement est assez mal définie y compris dans la littérature scientifique. Si l’on considère le confinement à la française, effectivement la Suède n’a pas confiné. Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de mesures restrictives du tout. Bien au contraire. Depuis mars 2020, la Suède a connu certaines restrictions, notamment sur ses bars/boîtes de nuit et équivalents suédois de nos EHPAD. Listons ici simplement l’ensemble des mesures qui ont été prises.

  • Plusieurs limites sur le nombre de personnes à une même table dans les bars/restaurants. La dernière réglementation en place est l’interdiction d’être plus de 4 personnes à table dans un bar/restaurant (cf: https://se.usembassy.gov/alert-covid-19-update-26/)

En parallèle, l’agence de santé Suédoise a émis énormément de recommandations. On a vu fleurir partout sur les réseaux sociaux les défenseurs de cette approche de « responsabilité personnelle ». C’est en fait un peu plus complexe que cela.
Si l’agence de santé suédoise et le gouvernement se sont reposés sur ces recommandations, c’est parce que, du point de vue de la loi, ils ne pouvaient pas faire autrement. En avril 2020, le gouvernement avait déjà essayé de changer les choses via une loi qui avait finalement été rendue presque inutile par le parlement (cf: https://www.thelocal.se/20201228/swedens-new-pandemic-law-could-come-into-force-in-two-weeks). Cette loi se voulait temporaire et avait pour objectif de permettre au gouvernement de fermer certains lieux publics. La loi, finalement amoindrie par les changements faits par le parlement, n’a par conséquent par été utilisée par le gouvernement avant son expiration en juillet 2020. Des règlements locaux ont été aussi édictés à l’automne (notamment pour la région d’Uppsala qui voyait une augmentation dramatique de son nombre de cas), mais ils ne semblent pas avoir été utilisés (cf: https://www.dn.se/sverige/tegnell-maste-kunna-vanda-pa-en-femoring/)
Les recommandations mises en place par le gouvernement voulaient donc suppléer à des restrictions légales. Néanmoins, il convient de noter que les recommandations sont plus ou moins obligatoires pour l’ensemble de la population. La formulation de la loi est assez peu précise dans le but assumé de laisser une marge de manœuvre aux citoyens et à ceux chargés de faire respecter la loi (cf: https://www.folkhalsomyndigheten.se/the-public-health-agency-of-sweden/communicable-disease-control/covid-19/the-public-health-agency-of-swedens-work-with-covid-19/), mais ces recommandations du gouvernement ont donc tout de même un aspect obligatoire.

Enfin pour comprendre la « stratégie suédoise » il faut aussi examiner et comprendre ce qui a été fait en plus des recommandations. Voici une liste non-exhaustive.

  • Valborg, aussi appelé « la nuit de Walpurgis » entre le 30 avril et le 1er mai, est extrêmement festive en Suède (cf: https://en.wikipedia.org/wiki/Walpurgis_Night#Sweden). En résumé, beaucoup d’étudiants se retrouvent le matin dans les parcs et y restent toute la journée pour boire et faire des bonfires, manger… Cette tradition est particulièrement suivie dans les villes étudiantes telles que Uppsala, Linköping, ou Gothenburg, et le fait qu’en général la météo soit pour la première fois de l’année clémente n’arrange pas les choses. Conscient que les recommandations ne seraient pas suivies par les jeunes qui veulent faire la fête, le gouvernement a donc décidé localement de limiter les possibles rassemblements dans les parcs en y déversant des fientes de poulet (cf: https://www.lefigaro.fr/flash-actu/suede-une-tonne-de-fiente-pour-decourager-les-fetards-dans-les-parcs-20200429)

Que faut-il donc en conclure ici? La Suède n’a pas subi un confinement à la française, mais elle a bel et bien mis en place des mesures restrictives afin de limiter la propagation du virus. Face au sérieux de la situation actuelle durant la deuxième vague, le parlement a également voté une loi permettant au gouvernement de fermer les salles de sport, les centres commerciaux ou certains magasins (cf: https://www.thelocal.se/20201228/swedens-new-pandemic-law-could-come-into-force-in-two-weeks).

Cette loi était initialement prévue pour mars, mais face à l’urgence de la situation, le gouvernement a décidé de faire voter le parlement début janvier pour une mise en place dès le 10 janvier. Cela a été récemment évoqué dans les médias français (ici: https://www.20minutes.fr/monde/2948915-20210109-coronavirus-fin-definitif-modele-suedois ou encore là: https://www.youtube.com/watch?v=AXa6Md_6y_4&feature=youtu.be). Plus laxiste que ses voisins ou que les autres pays européens, la Suède commence donc à se mettre au point pour des mesures plus restrictives afin de limiter au plus vite la propagation du virus si nécessaire.

La Suède et l’immunité collective.

Un autre sujet sur lequel la Suède a déchaîné les passions d’un côté comme de l’autre c’est celui de l’immunité collective. Pour certains, la Suède l’a adoptée comme stratégie et sa réussite est un exemple à suivre, pour d’autres la Suède n’a jamais suivie une stratégie d’immunité collective et l’échec de la stratégie suédoise n’a donc rien à voir. Qu’en est-il réellement ?

Avant de répondre à cette question il faut se pencher sur ce que l’on appelle l’immunité collective. L’immunité collective est un concept épidémiologique et consiste en une forme de protection contre une maladie infectieuse de l’ensemble de la population lorsqu’une partie assez importante de la population est immunisée. Des dizaines de discours ont été entrepris sur le fait qu’il était ou non possible d’obtenir une immunité collective. La question n’a en fait jamais vraiment été là. Il s’agissait à la place de savoir s’il était possible de l’acquérir sans vaccin ou s’il fallait attendre l’arrivée d’un vaccin afin de l’obtenir.

On oppose donc l’immunité collective naturelle et l’immunité collective avec l’aide de la vaccination. Personne ne doute qu’il est possible d’acquérir l’immunité collective via l’aide de la vaccination, c’est d’ailleurs de cette façon que nous l’avons atteinte pour de nombreuses maladies. La résistance des dernières années à la vaccination qui a fini par entrainer la réapparition de certaines maladies absentes pendant plusieurs années grâce aux politiques vaccinales, prouve le rôle central de la vaccination dans l’obtention de l’immunité collective.

St Jacobs kyrka -kungsträdgården – Stockholm – Suède ©Lonni Besançon


Les défenseurs d’une stratégie d’immunité collective sans aide vaccinale se sont vus opposer non seulement un fort consensus scientifique [1] mais également des contre-exemples cinglants comme celui de la ville de Manaus, qui, après avoir atteint une contamination de 70% de sa population, a tout de même subi une deuxième vague catastrophique [2].

Bien que la publication mentionnée en [1] et l’exemple de Manaus soient assez récents, considérer une stratégie de contamination vaste de la population pour atteindre une potentielle immunité semblait dès le début risqué. Laisser le virus se répandre aurait un coût absolument non négligeable en termes de vies, d’économie, et d’impact sur le personnel soignant et leurs patients non-COVID. L’idée même de flatten-the-curve (l’aplatissement de la courbe de contamination pour éviter que les hôpitaux soient débordés) est par ailleurs à l’opposé même de cette idée d’immunité collective naturelle.

Alors, était-ce la solution envisagée par le gouvernement suédois, ou plus précisément par l’agence de santé publique suédoise? La réponse n’est pas tout à fait aussi simple que la question, mais il est possible d’affirmer que l’agence de santé publique suédoise a misé à tort sur cette stratégie. Commençons par un rappel historique des faits.

En avril 2020, Anders Tegnell, l’épidémiologiste en chef de l’agence de santé publique suédoise, annonce que l’immunité collective sera acquise en mai pour la capitale suédoise, Stockholm (cf: https://www.expressen.se/tv/nyheter/coronaviruset/tegnell-kan-bli-flockimmunitet-i-stockholm-i-maj/). Anders Tegnell et son équipe commencent alors une série de prédictions (basées sur des modèles mathématiques de l’agence) sur le pourcentage de résidents de Stockholm infectés. Des premières déclarations prédisent un taux d’infection autour de 40% fin avril et début mai. Les prévisions sont revues légèrement à la baisse le 20 mai avec une estimation de 20 à 25% (cf: https://www.aftonbladet.se/nyheter/a/dOVXb1/tegnell-flockimmunitet-racker-inte-mot-smittan). Trois bons mois après ces estimations, une analyse sérieuse de la contamination à Stockholm trouve un chiffre bien moins vendeur : environ 15% [3].

Malgré des démentis plus tard, la stratégie dite d’immunité collective naturelle (i.e., sans aide de la vaccination) a bien été le pari pris par Anders Tegnell comme le montrent les emails depuis supprimé d’Anders Tegnell (cf: https://www.theguardian.com/world/2020/aug/17/swedens-covid-19-strategist-under-fire-over-herd-immunity-emails).
On sait aujourd’hui que cette stratégie a coûté très cher à la Suède.

La stratégie suédoise comparée aux autres pays

Beaucoup des défenseurs français de la stratégie suédoise se sont emparés des chiffres suédois et français pour montrer que les mesures restrictives ne fonctionnaient pas nécessairement. J’y reviendrai plus tard, car des analyses de données publiées donnent de toute façon une réponse plus définitive que ces comparaisons. Mais là n’est pas le propos initial. Détaillons d’abord pourquoi des comparaisons entre pays n’ont pas spécialement de sens.

Ce genre de comparaison n’a pas de sens si on ne prend pas en compte la démographie. Prenons une analogie technologique. Si une entreprise développe une nouvelle technologie pour smartphone (de type Tiktok) et essaie de comparer son adoption dans les pays du monde elle prendra en compte: l’accès aux smartphone, l’accès à un réseau 4G/5G de qualité, l’âge moyen de la population (les applications de type Tiktok par exemple fonctionnent bien mieux chez les jeunes donc un pays avec un âge moyen élevé sera moins susceptible d’accepter la nouvelle application qu’un pays a un âge moyen plus faible) et bien d’autres facteurs (langue de l’application par exemple). Ainsi comparer l’adoption de l’application pour un pays comme le Japon avec l’adoption d’un pays comme l’Argentine n’a pas spécialement de sens (langue différente, accès à la technologie différent, âge moyen de la population différent).

Dans le cas d’une maladie infectieuse, les facteurs à considérer sont multiples et comprennent: la distribution de l’âge de la population, la densité de population, le taux d’urbanisation, l’accès à des transports en commun et le besoin de les utiliser ou la fréquence de leurs utilisation, l’accès aux soins, le nombre/ratio d’unité de soins intensifs, le ratio de personnel soignant par rapport à la population, à quel point le citoyen moyen est en bonne/mauvaise santé, etc…
En particulier, la densité de population et l’utilisation intensive de transports en commun ont été déterminés comme étant des facteurs déterminants de la transmission du virus de la COVID-19 [4,5,6]. L’influence de la densité de population et la présence de hubs de transport est assez logique et intuitive: plus un espace est densément peuplé, plus une personne infectée va rencontrer d’autres personnes en moyenne et donc plus elle en infectera aussi. La présence et l’utilisation massive de transports en commun facilite donc elle aussi la propagation du virus.

D’autres facteurs comme la taille des métropoles d’un pays peuvent aussi affecter la transmission du virus (cf: https://www.scientificamerican.com/article/population-density-does-not-doom-cities-to-pandemic-dangers/). Parmi les articles cités, l’un [5] détaille ne pas avoir trouver de preuve que la densité de population soit liée aux nombres de cas ou de décès, mais explique avoir des preuves que la densité de population affecte le timing de la propagation du virus. Les autres ont des données et conclusions plus fortes sur l’importance de la densité de population par rapport à la propagation de la COVID-19.

Regarder à l’échelle la densité de population d’un pays peut donner une idée, mais ce n’est évidemment pas suffisant. Si on considère la Suède par exemple, elle est particulièrement vide dans le nord du pays alors que le sud regroupe une grande majorité de la population. Les données de Ourworldindata le confirment le lien entre densité de population nationale et diffusion du virus n’est pas si évident que ça (cf ce graphe du taux de mortalite vs densité de population: https://ourworldindata.org/grapher/covid-19-death-rate-vs-population-density?yScale=linear&time=latest) Mais la densité de population à l’échelle d’un pays est déjà un indicateur qui nous permet de fouiller plus. La densité de population des grandes villes (particulièrement riches en transport en commun aussi par exemple) semble donner beaucoup d’indications sur la transmission du virus [4].


Regardons déjà les données nationales pour la suède et quelques autres pays européens, ainsi que les 3 plus grandes villes de chaque pays.

Allemagne 232/km2 (83M habitants) Urbanisation 77,5%
– Berlin 4206/km2 (3.75M habitants)
– Hambourg 2400/km2 (1,8M habitants)
– Munich 4800/km2 (1,5M habitants)

Danemark 137.65/km2 (5,8M habitants) Urbanisation 88,1%
– Copenhague 4400/km2 (0,79M habitants)
– Aarhus 2854/km2 (0,28M habitants)
– Odense 2300/km2 (0,18M habitants)

Finlande 16/km2 (5,6M habitants) Urbanisation 88,5%
– Helsinki 3070.08/km2 (0,65M habitants)
– Espoo 933.32/km2 (0,29M habitants)
– Tampere 455.36/km2 (0,23 habitants)

France 104.2978/km2 (65M habitants) Urbanisation 81%
– Paris 20000/km2 (2,1M habitants)
– Marseille 3600/km2 (0,87M habitants)
– Lyon 11000/km2 (0,52M habitants)

Norvège 14.2/km2 (5,3M habitants) Urbanisation 83%
– Oslo 1532/km2 (0,7M habitants) [Source: https://knoema.com/atlas/Norway/Oslo/Population-density]
– Bergen 599/km2 (0,28M habitants)
– Stavanger 3,000/km2 (0,13M habitants)

Royaume-Uni 270.7/km2 (67M habitants) Urbanisation 83,9%
– London 5,666/km2 (8,9M habitants)
– Birmingham 4,262/km2 (1,1M habitants)
– Liverpool 4,424/km2 (0,5M habitants)

Suède 25/km2 (10,3M habitants) Urbanisation 88%
– Stockholm 5,200/km2 (0,9M habitants)
– Göteborg 1,300/km2 (0,6M habitants)
– Malmö 4,049/km2 (0,3M habitants)

Tous les chiffres précédents sont basés sur les données les plus récentes listées par wikipedia pour chaque indicateur. Les chiffres venant d’autres sources sont explicitement indiqués. Un premier point d’abord sur ces données et leurs origines: les données ne datent pas toutes de la même année, mais le but ici est d’avoir un ordre d’idée uniquement des densités de population. Même sur l’espace de plusieurs années, l’ordre de grandeur reste globalement le même.

Que voit-on sur ces données brutes ? Beaucoup de choses. On y voit par exemple que Londres correspond à la moitié de la population de la Suède entière. Que Paris correspond à 1/5 de la population suédoise. On voit rapidement en comparant simplement à l’échelle des pays que le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Danemark, et la France sont dans des catégories à plus de 100 habitants/km2 tandis que la Suède, la Finlande et la Norvège sont dans des catégories (largement) moins de 100 habitants/km2. Voilà déjà une première chose qui doit nous mettre la puce à l’oreille pour les comparaisons Suède/France.

Bien évidemment, la densité de population à l’échelle nationale, n’est pas, comme je l’ai expliqué plus haut, suffisante pour comprendre les différences entre plusieurs pays. Regardons donc à l’échelle des grandes villes. Les densités de population des grandes villes finlandaises et norvégiennes sont assez faibles comparées aux densités des villes des autres pays. C’est l’un des arguments favoris des défenseurs de la stratégie suédoise. Néanmoins, ils oublient d’évoquer que le Danemark a des villes avec les mêmes ordres de grandeur et une densité nationale 6 fois supérieure à la suède. L’ile-de-France (12,1M habitants, 1013,5/km2), quant à elle, a environ 2M d’habitants de plus que la Suède sur un territoire environ 45 fois plus petit.

Au regard des chiffres sur la densité de population et des autres facteurs qui leur bénéficient grandement, les pays nordiques ont tout pour avoir des résultats moins catastrophiques que leurs voisins européens: des densités de population assez faibles sur le territoire (avec quelques exceptions), le fait que la distanciation sociale est plus ou moins encodée dans les comportements nordiques (cf: https://news.immigration.gov.tw/PH/NewsTopic.aspx?NEWSGUID=f73adebc-8af3-4e1a-ae24-a2bd312db599 ainsi que les nombreuses blagues sur le fait que la distanciation sociale pour COVID n’a pas changé la vie des habitants nordiques), un système de santé performant, des métropoles globalement plus petites etc…

Mais au delà même de ces considérations, les pays nordiques sont assez similaires sur de nombreux points démographiques ce qui rend les comparaisons non seulement possibles mais intéressantes. En effet si l’on veut tester l’effet d’une mesure sur un groupe, il nous faut un groupe contrôle le plus semblable possible au premier. Idéalement ce groupe contrôle devrait être identique, mais c’est impossible pour le cas qui nous intéresse. S’il faut donc comparer des pays entre eux pour y voir l’impact d’une mesure sanitaire, il faut comparer les pays les plus similaires possible. Malgré quelques différences notables, les pays nordiques semblent donc être en tout point de meilleurs candidats que France VS Suède par exemple. Et c’est là que l’on voit aisément que la stratégie suédoise n’a pas fonctionné.

Avant de détailler pourquoi la stratégie suédoise est un échec, essayons de débunker d’abord quelques arguments mis en avant par ses défenseurs.

Certains défenseurs de la stratégie suédoise ont essayé d’expliquer que la densité de population ne voulait rien dire (malgré les études et données sur le sujet) et ont avancé qu’une grande majorité de la population suédoise vivait en ville. Cette donnée s’appelle le taux d’urbanisation, et c’est tout à fait vrai! En revanche, c’est aussi le cas pour tous les autres pays mentionés et c’est pour cela que j’ai ajouté le taux d’urbanisation à chacun des pays. Un autre contre-argument est qu’environ 1/10 de la population suédoise vit à Stockholm. C’est aussi tout à fait vrai, mais cela ne nous indique rien. 1/6 de la population française vit en Ile-de-France. On ne peut pas en conclure grand-chose.


D’autres fervents défenseurs du modèle suédois mettent en avant le fait que le nombre de décès par million d’habitants pour la Suède est toujours plus bas que pour la France/le Royaume Uni/l’Italie ou tout autre pays ayant mis en place un confinement. C’est tout à fait vrai mais ce raisonnement est problématique sur 4 points. Le premier c’est que le ratio décès par million d’habitant, s’il compense bien le fait que certains pays sont plus peuplés que d’autres, ne prend rien d’autre en compte. Il ne compense pas les différences de densité de population, de répartition des groupes d’age, d’accès aux soins, du nombre de lits de soins intensifs etc. Donc la comparaison fait peu de sens.

Le deuxième, c’est que la Suède a bien eu des restrictions mises en place (comme démontré auparavant) donc on ne peut pas en conclure que les mesures restrictives n’ont pas d’impact positif. Il faudrait pour cela que la Suède n’ait appliqué aucune mesure restrictive. On pourrait éventuellement se baser sur les mesures de confinement au sens strict d’ordonnance de rester chez soi. Mais encore une fois vu que beaucoup de Suédois travaillaient à la maison, c’est plus compliqué que cela.

Le troisième: la technique de comptage des décès en Suède n’est pas la même que pour les autres pays (cf: https://ourworldindata.org/covid-sweden-death-reporting), nous couvrirons cela plus en détail juste après. Enfin, l’épidémie n’a pas commencé au même moment pour chaque pays, et a en fait commencé plus tard pour la Suède et les autres pays nordiques. Cela aussi nous le couvrirons juste après. À cause de ces 4 points, la comparaison faite initialement sur le nombre cumulé de décès/million n’a pas de sens. On le prouvera facilement avec des chiffres plus tard.

L’exception suédoise: les chiffres

Pour analyser et pouvoir comparer la stratégie suédoise, il faut comprendre tout ce que le pays a fait différemment par rapport aux autres. Une liste exhaustive risquerait d’être bien trop longue alors focalisons nous sur quelques points essentiels. La suède n’a pas eu de confinement au sens strict d’ordonnance de rester à la maison. La Suède n’a pas recommandé le port du masque et n’a pas fermé toutes les écoles publiques. La Suède n’a pas fermé les commerces. Elle décompte les décès différemment des autres pays, et finalement elle n’a pas été touché au même moment que les autres pays.

Concernant d’abord la façon de décompter les décès, l’exception suédoise est expliquée par plusieurs médias. Le plus connu est probablement Ourworldindata qui stipule que la Suède rapporte les décès à la date à laquelle ils ont eu lieu. Puisqu’il y a un délai évident entre le moment où une personne meurt et le moment où l’on rapporte son décès, les chiffres les plus récents sont rarement à jour pour la Suède et ne permettent pas donc  d’avoir une image fiable de ce qui se passe dans le pays avant plusieurs jours (cf: https://ourworldindata.org/covid-sweden-death-reporting).

Initialement le délai était de quelques jours, mais depuis le début de la deuxième vague se délai dépasse maintenant très souvent deux semaines (cf: https://adamaltmejd.se/covid/). On voit sur sur ce site que le délai dépasse maintenant fréquemment les 14 jours et qu’il varie souvent entre 7 et 13 jours. Par conséquent, il faut considérer que les données des deux dernières semaines au moins ne sont pas fiables. Le site de Dagens Nyheter fournit, à chaque rapport officiel de l’agence de santé publique suédoise, une visualisation des nouveaux décès et sur quelle date ils ont été ajoutés (cf le graphique sous « Avlidna i Sverige per dygn » qui montre les décès ajoutés en rouge ici: https://www.dn.se/sverige/grafik-det-nya-coronavirusets-utbredning-i-varlden/)

Concernant la temporalité/le timing de l’épidémie en Suède comparé aux autres pays. Le timing est assez comparable entre pays nordiques et en retard d’environ 6 semaines sur les autres pays européens. Concentrons-nous sur la France et les 4 pays nordiques. Ainsi, on peut voir sur des simples graphes que la seconde vague a commencé en France bien plus tôt qu’elle n’a commencé dans les pays nordiques. Le cap des 100 cas par million d’habitants a été franchi pour la France le 6 septembre, pour la Suède et le Danemark le 23 octobre, pour la Norvège le 6 novembre et jamais encore pour la Finlande (cf: https://ourworldindata.org/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&time=2020-03-01..latest&country=SWE~NOR~FIN~DNK~FRA&region=World&casesMetric=true&interval=smoothed&perCapita=true&smoothing=7&pickerMetric=new_cases_per_million&pickerSort=desc).

Évidemment, un œil attentif nous dira que le nombre de cas est en lien direct avec le nombre de tests. Si on fixe donc un taux arbitraire de 5% de tests positifs, on voit que la France l’a atteint le 16 septembre, la Suède le 27 octobre. Les trois autres pays nordiques n’ont pas atteint ce palier et semble réussir, comme expliqué précédemment, à contenir l’épidémie. (cf: https://ourworldindata.org/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&time=2020-03-01..latest&country=SWE~NOR~FIN~DNK~FRA&region=World&positiveTestRate=true&interval=smoothed&perCapita=true&smoothing=7&pickerMetric=new_cases_per_million&pickerSort=desc). Enfin, cette temporalité est confirmée si on regarde les décès par millions d’habitants. Pour atteindre 5 décès/M, c’est le 1er novembre en France, et le 2 décembre en Suède (cf: https://ourworldindata.org/coronavirus-data-explorer?zoomToSelection=true&time=2020-03-01..latest&country=SWE~NOR~FIN~DNK~FRA&region=World&deathsMetric=true&interval=smoothed&perCapita=true&smoothing=7&pickerMetric=new_cases_per_million&pickerSort=desc), et à ce jour il n’est pas encore atteint pour les autres pays nordiques. En moyenne en regardant tous ces indicateurs, il semblerait donc qu’il y ait bien une différence de 4 à 6 semaines entre la deuxième vague en France et celle en Suède.

Alors finalement la Suède comparée a ses voisins c’est, à la date du 18 janvier:

Bien sûr, les défenseurs du modèle suédois nous rappelleront tout de suite à la vue de ces chiffres que la Suède elle « n’a pas piétiné ses libertés individuelles ni son économie ». Pour ce qui est de l’absence de mesures restrictives, la nouvelle loi votée en janvier est un signe que les choses vont changer. Pour ce qui est de l’économie, il y a deux choses à prendre en compte. D’abord, le fait que la Suède s’en tire au moins aussi mal que ses voisins nordiques selon les rapports concernant l’année passée (cf: https://ig.ft.com/coronavirus-global-data/).

Ensuite, il faut comprendre que la fameuse distinction « sauver des vies maintenant VS sauver l’économie (et des vies plus tard) » est une fausse dichotomie. Les données de 45 pays analysées montrent que plus un pays réussit à contenir le virus rapidement, mieux il s’en sort économiquement (cf: https://theconversation.com/data-from-45-countries-show-containing-covid-vs-saving-the-economy-is-a-false-dichotomy-150533?utm_source=twitter&utm_medium=bylinetwitterbutton). Qui plus est, l’appel au confinement et aux mesures restrictives est aussi fait par des économistes, et pas uniquement par des médecins (cf: https://www.rts.ch/info/suisse/11747844-une-soixantaine-deconomistes-preconisent-de-decreter-rapidement-un-confinement.html).

Enfin, que dit la science sur l’utilité des confinements ? Plusieurs articles ont été publiés sur le sujet. L’article de Ioannidis et al. est le plus récent mais il présente uniquement des données sur 10 pays. Il propose en conclusion un potentiel manque d’effet des confinements. A l’inverse, l’article de Flaxman et al. [8], conclut sur l’efficacité des confinements. Une autre étude s’est intéressée à plus de 30 pays [9] et conclut que l’effet d’un confinement est relativement faible si d’autres mesures ont déjà été prises (fermeture des écoles, pas de rassemblement de plus de 10 personnes, fermeture des bars/restaurants et autres commerces non essentiels). Le confinement a donc un impact marginal si d’autres mesures restrictives sont en place, mais marginal ne signifie pas nul. Ce head-to-head résume certains point pour et contre les confinements [10], mais globalement, même si un confinement strict n’est pas nécessaire, certaines mesures restrictives le sont et ont prouvé leur efficacité [9].

[4] https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0242398
[5] https://ssrn.com/abstract=3643204
[6] https://dx.doi.org/10.1186%2Fs42269-020-00393-x
[7] https://doi.org/10.1111/eci.13484
[8] https://www.nature.com/articles/s41586-020-2405-7
[9] https://science.sciencemag.org/content/early/2020/12/15/science.abd9338
[10] https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1924

Le cas très controversé des écoles suédoises

On a pu lire un peu partout que la Suède n’avait pas fermé ses écoles publiques. Comme déjà expliqué plus haut ce n’est que partiellement vrai dans la mesure où les lycées et universités ont entamé dès le début de la pandémie des cours à distance.
Cependant un article récent publié par un chercheur de Karolinska Institute semble dire que les données sur les écoles prouvent que les laisser ouvertes n’augmentent pas le danger. Il y a deux problèmes avec cet article:

1/ c’est une lettre à l’éditeur uniquement et sans épargner des détails de la procédure académique de soumission d’article de recherche, les lettres à l’éditeur ne sont, en général, pas relues par les pairs;

2/ l’article ne considère que les données pendant la première vague et ne prend en compte que la « morbidité » des enfants et des enseignants mais ne prend pas en compte les données récentes. Or rappelons d’une part que la décision de fermer les écoles a pour but de limiter la contamination [11], pas la mortalité des enfants directement donc cette mesure n’a pas spécialement de sens. Qui plus est, cette lettre publiée début janvier ignore les données récentes de COVID et des écoles suédoises: pour les semaines 46-50. L’Agence suédoise de santé publique a signalé un total de 467 foyers/outbreaks dans des écoles (à l’exclusion des lycées), ce qui correspond à 48 % de tous les foyers/outbreaks signalés au cours de cette période (967). Les chiffres récents contredisent donc bien la lettre de Ludvigson et al. et ne sont pas mentionnés du tout dans cette lettre qui ne se focalise, rappelons-le, que sur la morbidité des enfants et enseignants pendant la première vague.

[11] https://www.folkhalsomyndigheten.se/contentassets/1e5e09395b9a4f498ff635cdd2b1a888/covid-19-children-adolescents.pdf (p.6)

Addendum: Que faut-il retenir de cet article?

Nous avons abordé plusieurs points dans ce billet, mais que faut-il en retenir?

  1. Il n’est pas possible de considérer la Suède comme un pays qui n’a pas subi de réglementations restrictives.
  2. Les comparaisons entre la France et la Suède ne font aucun sens. Les deux pays sont bien trop différents sur des dizaines de facteurs qui pourraient à eux seuls expliquer les différences de résultats entre ces deux pays. Nous avons mentionné la densité de population comme un facteur, mais il n’explique pas tout, et beaucoup d’autres jouent un rôle. Pour faire des comparaisons qui ont un sens, il faut trouver les pays les plus similaires possibles.
  3. Les comparaisons entre deux trois pays choisis à la louche (ou par cherry picking). Des articles scientifiques ont déjà étudié la question de l’utilité des mesures restrictives: si les lieux non essentiels sont fermés, ainsi que les écoles et que les rassemblement publics sont interdits/limités, un confinement dans le sens d’un ordre de rester à la maison n’aura qu’un impact marginal (marginal ne signifiant encore une fois, pas nul mais faible).
  4. Si l’on tient absolument à comparer la France et la Suède, on peut déjà voir que la Suède ne fait pas vraiment mieux que la France finalement malgré des conditions initiales assez favorables (densité faible de population, distanciation sociale déjà existante culturellement, entreprises très réactives sur le « travail à la maison ») et malgré le retard dans la comptabilisation des décès ou le délai entre le début de la deuxième vague en France et le début en Suède
  5. Les dernières données suédoises semblent bien indiquer aussi que les écoles qui sont restées ouvertes sont des lieux de contamination/propagation à grande échelle.
Décès par million d'habitants cumulés, source: OurWorldInData.
Décès par million d’habitants cumulés, source: OurWorldInData.

A lire également : Vaccins, politique de santé…code de Nuremberg ?! Ta gueule et ouvre un livre d’histoire !


Article modifié le 27.01.2021 à 17h05 : ajout de la partie Addedum en fin d’article

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11 Commentaires

  1. Au lieu de supposer / affirmer que la densité de population joue un rôle particulièrement important dans l’épidémie, il aurait été beaucoup pertinent de le démontrer. Il aurait suffit de faire un graph taux de mortalité vs densité.

    Sinon, c’est seulement une hypothèse non étayée.

    Si on regarde le taux de mortalité par rapport à la densité des départements Français, je ne suis pas sûr du tout que cette hypothèse tienne. Les départements Français ont une culture homogène, parlent la même langue, ont eu les mêmes restrictions, donc constituent le modèle idéal pour tester cette hypothèse. Les deux Savoie, la Lozère, la Haute-Loire ont été particulièrement touchés alors que leurs densités sont parmi les plus basses.

    Ca ne me semble pas du tout évident que cette hypothèse soit vraie.

    • Bonjour

      Ce n’est pas une hypothèse non étayée, c’est juste qu’elle n’est pas vérifiable avec seulement un graphe densité VS impact de COVID.

      J’explique dans l’article que « En particulier, la densité de population et l’utilisation intensive de transport en commun ont été déterminé pour COVID-19 d’être des facteurs déterminants de la transmission du virus [4,5,6]. » Les références 4,5 et 6 servent donc a étayer ça, mais il faut les lire. Je ne vais pas de mon côté dans un article consacré à la Suède faire un résumé de ces articles. La densité de population joue un role évident, mais beaucoup d’autres facteurs jouent aussi un role. Les comparaisons sont par conséquents extrêmement complexes et faire un graphe comme vous le préconisez ne va pas prendre en compte ces facteurs. Je donne au passage beaucoup d’autres exemples de ce qui peut jouer, et il faut aussi les prendre en compte. Mais au vu de la littérature scientifique il est certain que la fréquentation des transports en commun et la densité de population joue un role, tout comme le timing des mesures prises par le gouvernement ou beaucoup d’autres choses. Comparons donc ce qui est comparable, et arrêtons de prendre la suède comme l’exemple du pays qui n’a pas confiné et qui fait mieux que la France. Ce n’est pas vrai d’une part et c’est une comparaison stupide d’autre part. C’est le but de cet article, je vais rajoute une note de conclusion la dessus.

      • Merci de ne pas zapper la moitié de mes phrases. J’ai écrit exactement ceci « la densité de population joue un rôle PARTICULIÈREMENT IMPORTANT ».
        Il se peut qu’elle ait un rôle, mais il semblerait relativement modeste. En fait il semblerait si modeste qu’il soit difficile de le mettre en évidence. Votre référence 5 n’arrive pas du tout à la conclusion que la densité joue un rôle important par exemple, et d’autres études non citées (cherry picking?) arrivent à des conclusions similaires: la densité aurait tout au plus un rôle assez modeste. En fait il y a plus de raisons de penser que si la densité joue un rôle, il se limite à la propagation initiale du virus, c’est-à-dire à une époque loin derrière nous.

        Au fond, après lecture de cet article, je me demande ce qui est réellement reproché à la Suède. De ne pas avoir pris des mesures dont on n’est sûr qu’elles marchent? Vous le dites vous-même, ajouté à d’autres mesures le confinement a un effet marginal (littéralement « à la marge »).

        La Suède prouve que l’absence de confinement n’est pas une promesse d’apocalypse, comme vous l’annonciez il y a encore quelques semaines.

        • Me parler et m’accuser de cherry picking alors que je cite les études contradictoire et explique bien le role marginal d’un confinement au sens strict du terme si les autres mesures sont prises, c’est un peu poussé.

          Pour ce qui et d’un possible cherry picking donc sur les papiers parlant de la densité de population le fait même que je cite l’article référencé en 5 est déjà une preuve que ce n’est pas le cas.
          Enfin, que l’impact soit modeste ou non, j’ai bien dit tout au long de cet article qu’il y avait tout un tas de facteur qui rendait les comparaisons avec la France stupides voir carrément manipulatrice.

          La Suède ne prouve pas que l’absence de confinement n’est pas une promesse d’apocalypse. Regardons les chiffres des voisins encore une fois, qui sont des pays assez similaires sur beaucoup de points et voyons ce que ça donne: économie au moins aussi touchée, et taux de décès très très largement supérieure.

          Enfin, il ne s’agit pas dans l’article de reprocher à la Suède quoi que ce soit, mais de debunker les idioties qui sont dites dessus.

          Pour ce qui est du commentaire plus bas sur les recommendations de l’OMS, non la Suède ne les a pas suivi et n’en suit toujours pas une grande partie (par exemple le masque, la fermeture des écoles etc…)

          • « La Suède ne prouve pas que l’absence de confinement n’est pas une promesse d’apocalypse. »

            La Suède est sur le point de prouver, par deux fois, qu’un épisode épidemique finit par passer sans confiner. Et il y a beaucoup d’autres exemples que la Suède dans le monde.

            Vous tenez un raisonnement au sujet du confinement que par ailleurs vous dénoncez, permettez donc cette analogie qui j’espère vous l’illustrera.

            « Mon oncle a eu le COVID, il a pris du XXX et il est guéri. C’est donc bien la preuve que XXX ça marche ».
            Vous diriez, à juste titre, que ça ne prouve pas du tout que XXX marche puisque sans doute que tonton aurait guéri sans rien prendre.

            Eh bien ici vous tenez le même raisonnement avec le confinement:
            « La France a eu un épisode épidémique, elle a confiné sa population, et l’épisode épidémique est passé. C’est donc bien la preuve que le confinement arrête les épisodes épidémiques ».
            Non, ça prouve rien du tout puisque l’épisode épidémique serait passé même sans confiner.

            Au fond, sur quels fondements nous sommes-nous basés pour confiner? Principalement sur le modèle épidémiologique d’Oxford, complètement délirant, qui annonçait des millions de morts dans le monde d’ici le mois d’octobre. Pour reprendre l’analogie du médicament, c’est une preuve aussi robuste que de démontrer que XXX est actif in-vitro que le COVID dans des conditions totalement irréalistes avec un dosage impossible à atteindre in-vivo.

            On a donc confiné sur la base de modèles que l’ont sait aujourd’hui complètement faux.

            Et aujourd’hui, que disent les études sur le confinement? On a l’étude de Flaxman, et celle de Ioannidis, toutes deux sur des N ridiculement petits (40 et 12), et toutes deux largement critiquables et critiquées. A ce jour, nous n’avons donc aucune preuve solide que le confinement est efficace.

            Vous rétorquerez que, au pire même si l’effet du confinement est marginal, c’est toujours ça de pris.
            Non, parce qu’il n’est pas impossible que le confinement empire la situation. Peut-être que confiner avantage la propagation du virus. C’est en tout cas ce qui est suggéré dans l’étude de Ioannidis.

            Je suis stupéfait que, les principes de bases évidents au sujet de XXX, soient complétement oubliés ou pire foulés du pied au sujet du confinement.

  2. Enfin (tant que j’y pense), je rappelle simplement qu’il y a 1 an, l’OMS recommandait de ne pas confiner la population, expliquant que c’était tout à fait inutile.

    Il se peut que l’OMS se soit trompé, mais ça montre 2 choses:
    1. La Suède a suivi les recommendations de l’OMS. On ne peut donc pas reprocher à la Suède de ne pas avoir suivi l’avis des experts.
    2. Les experts peuvent se tromper.

    • L’étude de Ioannidis est sur un n ridicule. Flaxman et d’autres ont trouvé un effet marginal si tout le reste est implémenté… si « tout le reste est implémenté » ça inclut la fermeture des écoles et le boulot à la maison…
      Pour l’étude de Ioannidis, un PubPeer est ici: https://pubpeer.com/publications/3D81CAC483C2021C00E27C8826DF71#5

      Pour le reste, vous ne comprenez pas du tout la logique que j’emploie, ça n’a rien à voir avec ça… Mais je pense que votre formation scientifique est soit limitée soit biaisée par votre biais de confirmation.

      • Ah ok, je vois.

        En réponse à mon post, sans doute discutable mais respectueux, j’ai droit à une attaque frontale. C’est ça les intervenants d’instant critique? Des gens qui n’hésitent pas à insulter les lecteurs intéressés?

        Je suis pas prêt de revenir sur ce site, incapable de respecter les marques de politesse et savoir-vivre de base.

        • Si pointez du doigt votre manque de connaissances sur la logique scientifique ou doutez de votre biais de confirmation est une insulte… alors on est pas prêt d’avancer dans le débat. Vous réduisez mes arguments basés sur des article scientifiques et une logique scientifique à des anecdotes. Sauf que non, ce ne sont pas des anecdotes. Le fait même que vous ne voyez pas la différence est le signe de ce que je viens de dire sur vos connaissances scientifiques ou votre biais de confirmation.

          Si ça vous fait mal de lire ça, il est encore temps de prouver à tous (les lecteurs et moi) que vous pouvez faire mieux que ça… en attendant, je ne ferai pas plus d’efforts pour expliquer la différence entre une anecdote personnelle et une argumentation basée sur des chiffres sourcés et mettant en comparaison des choses comparables et s’appuyant sur des articles scientifiques. J’ai légèrement mieux à faire de mon temps.

          Au passage, j’ai pointé vers une review critique du papier de Ioannidis à laquelle vous ne répondez pas non plus.

          Bref vous faites du cherry picking, tentez de ridiculiser mon argumentation via des simplifications qui ne sont pas dignes d’un scientifique et ensuite vous venez vous plaindre d’être rembarré sur ces simplifications (vous parlez d’insulte alors qu’il n’y en a aucune).

          Bravo, un 100% d’erreur là dessus.

  3. C’est vraiment TERRIBLE d’atteindre un pareil niveau de mauvaise foi !!!

    La SEULE chose qui compte, c’est le nombre de morts par million.
    C’est ce qu’on retiendra in fine de cette pandémie, comme POUR TOUTES LES AUTRES.

    Et, comme vous le dites vous-même, de ce point de vue LA SUÈDE FAIT MIEUX QUE LA FRANCE.
    Et de mieux en mieux dans sa dynamique actuelle.

    Votre titre, tous vos arguments sur « c’est plus compliqué », « comparer n’a pas de sens » c’est au delà de la mauvaise foi.

    Dommage car vous vous documentez et citez vos sources. Mais votre interprétation va à l’encontre de toute cette documentation.

    NL

    • Non, ça ne va pas à l’encontre de la documentation, car cette documentation dit exactement ce que je relate dans l’article.
      C’est vraiment terrible d’atteindre un tel niveau d’idiotie en si peu de mots.

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