Aux antipodes d’Hold-Up, découverte du projet « Etats de Choc : Primum Non Nocere » de Kevin Enhart

La pandémie de Covid-19 dure maintenant depuis plus d’un an. Elle est aussi le théâtre de croyance à défaut de science, poussant l’esprit critique de chacun et chacune d’entre nous dans nos retranchements.

Mais que s’est-il passé dans nos hôpitaux ? Comment l’épidémie a-t-elle réellement été gérée sur le terrain de la médecine ? Quel impact a eu la prolifération de Fake-News sur les médecins qui, tous les jours, font de leur mieux pour sauver des vies ?

Tellement de sujets à aborder, tellement de points à soulever.

Partant de ce fait, Kevin Enhart se lance dans un projet unique et honnête.

J’ai eu la possibilité d’échanger avec lui, en voici la rédaction avec une bonne surprise en fin d’article.


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Réalisateur : présentation et origine du projet

Kevin Enhart ne nage pas dans l’inconnu. Il est avant tout scénariste, dessinateur et coloriste dans la pop-culture du comics pour divers éditeurs à travers le monde. Des métiers qu’il a pu aussi pratiquer dans le milieu du cinéma, concept designer s’y ajoutant.

Kevin Enhart a notamment travaillé sur « 419 » film réalisé par Eric Bartonio, enseigné l’audiovisuel en lycée et a écrit pour le magazine de cinéma « L’Ecran Fantastique ». Vous trouverez d’autant plus d’information sur ses réalisations ici.

Comme beaucoup de français, Kevin Enhart à été touché par la Covid-19 en avril 2020. Fort heureusement, n’ayant pas développé de forme grave de la maladie, il s’en remettra deux semaines plus tard. Cela n’empêchera malheureusement pas une sensation de brûlure pulmonaire jusqu’en septembre de la même année. Guérie depuis.

Pendant cet épisode de vie inconfortable, il fera profiter ses followers sur Twitter de l’évolution de la maladie ainsi que son état psychologique.

C’est à ce moment que lui vient l’idée de documenter la pandémie.

…On en parle dans les journaux, dans les médias, mais rien n’est fait pour le long terme, alors si j’en faisais un bouquin ou une bande déssinée pour en parler ?

Kevin Enhart pendant notre conversation au sujet de la documentation de l’épidémie.

Kevin Enhart ne savait alors pas comment mettre en pratique son idée et c’est en octobre que tout se déclenche. La sortie du documentaire complotiste « Hold-Up« .

Réalisateur : Son choix de support

La pandémie a poussé certains à devenir de plus en plus actifs sur les réseaux sociaux à la recherche d’informations supplémentaires. C’est sur Twitter qu’il y découvrira la vulgarisation et les explications scientifiques sur le virus et sa maladie, le rendant ainsi plus actif et investi.

Au début, il aimait entrer en contradiction avec les complotistes ou les fervents défenseurs du Professeur Raoult. C’est à la parution de « Hold-Up » qu’il mesure l’étendue de la désinformation sur la science et du complotisme irrationnel à caractère sectaire.

Cet épisode de l’influence des réseaux le confortera dans son idée d’origine, la documentation vérifiable.

Il fallait réfléchir, chercher à comprendre comment on a pu en arriver là. Ils ont réussi à décrédibiliser des choses qui sont réelles en crédibilisant des choses qui sont totalement fausses voire mensongères.

Kevin Enhart pendant notre conversation au sujet de la désinformation.

Voir Silvano Trotta ou Xavier Azalbert s’exprimer sur la science alors qu’ils n’ont aucune légitimité en la matière le fait bondir. Pour Kevin Enhart, c’est la production, la réalisation du documentaire Hold-Up qui en a fait son succès.

Mesurant l’impact que peut avoir un documentaire, l’orientation du projet se dessinait enfin. Il opte donc pour un format audiovisuel.

Faire quelque chose qui soit factuel, réel, prouvé et sourcé mais qui ne soit pas exhaustif.

Kevin Enhart pendant notre conversation sur le support choisi pour son projet.

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Réalisateur : laisser une trace, un outil factuel sur la pandémie et sa réalité

Les motivations de Kevin Enhart sont plus que justifiées. Les canaux d’informations vérifiables disponibles sont limités et l’information en général est plus sensationnelle qu’informative.

Le but du projet « Etats de Choc : Primum Non Nocere » est donc de laisser en place un support qui retranscrit les éléments factuels et partageables sur toutes les plateformes.

Le pire pour lui serait que dans 10 ans on soit encore en train de parler de « Hold-Up » comme un documentaire important sur la pandémie. Cette réalisation attise les débats houleux mais ne les rend par pour autant compréhensibles.

Il note d’ailleurs un point important qui inspirera le titre suivant, la communication suite à la parution prévue pour octobre 2021 du documentaire.

Le projet : un documentaire à valeur humaine

Kevin Enhart m’a surtout souligné l’aspect de proximité qu’il cherche à mettre en place. Quand le documentaire sera en ligne, il y aura inévitablement des questions. Il souhaite que des réponses y soient apportées.

L’un des traits principaux du documentaire est de mettre en valeur les contraintes, la pression, l’organisation hospitalière et les émotions alliées aux acteurs de la santé en France.

Les femmes et hommes qui, tous les jours, sont au chevet des malades se doivent d’être entendus.

Mettre en valeur le travail des soignants, c’est aussi ça qui a motivé la démarche.

Kevin Enhart pendant notre conversation sur la valeur humaine retranscrite dans le projet.

Il souhaite également mettre en avant l’avis des patients et de leur famille. Mettre en lumière l’expérience vécue par ces malades.

Porter la voix des soignants, des scientifiques, des médecins, des patients, des familles des patients et au final des victimes aussi.

Kevin Enhart pendant notre conversation sur la valeur humaine retranscrite dans le projet.

Pour avoir du « crédit » sur l’authenticité des discours scientifiques, il lui faudra des témoignages. C’est à travers des intervenants qui vivent l’épidémie de l’intérieur que Kevin Enhart va communiquer sur cette réalité médicale et scientifique.


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Le projet : intervenants et les liens d’intérêts

A l’heure où ces lignes sont écrites, 8 intervenants sont référencés sur la page KickStarter du projet.

On y retrouve :

  • Karine Lacombe
  • Mathieu Molimard
  • Christian Lehmann
  • Dominique Costagliola
  • Amina Ayouch Boda
  • Mathias Wargon
  • Alexandra Delbot
  • Marc Gozlan

Parmi ces noms, certains ont des liens avec l’industrie pharmaceutique. C’est le sujet sur lequel les conspirationnistes basent leur argument fétiche pour leur propagande. En exemple, Karine Lacombe est la cible féminine préférée des complotistes par ses liens avec GILEAD pour son travail sur le VIH. Au point de se couper complètement des réseaux sociaux sous la pression de menaces.

La fameuse théorie de Big Pharma est loin d’être totalement irrationnelle. Ces deniers temps, nous avons observé de plus en plus de scandales concernant cette industrie.

Je me suis permis de lui poser la question, à savoir si les liens/conflits d’intérêts vont être abordés. Oui, bien évidemment ils le seront et Kevin Enhart a d’ailleurs totalement conscience que ces questions viendront.

J’espère pouvoir leurs donner cette possibilité de parler eux-mêmes de leur métier.

Kevin Enhart pendant notre conversation sur les liens d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques.

Il compte sur l’aspect scientifique et factuel pour l’expliquer. Il semblerait que pour éviter de se perdre, tellement de choses sont à soulever, il préfère rester sur la ligne fixée à l’origine qui est celle de la médecine, de la science et de sa réalité. Sous toutes ses formes.

Le projet : la science avant tout

« Etats de Choc : Primum Non Nocere » n’est pas un documentaire sensationnel. Le but est de mettre en avant la réalité scientifique face aux arguments populistes médiatiques voire gouvernementaux.

La crise que nous traversons nous transcende, nous submerge d’émotions mais elle nous divise également. Le documentaire a aussi pour but de renouer la confiance perdue avec les domaines scientifiques.

Avec les avancées médicales récentes comme par exemple celle des vaccins à ARNm, beaucoup sont plus que perdus.

Pour Kevin Enhart, cette perte de confiance est l’un des plus grand maux de cette crise. La science n’a pas la réponse à tout et d’ailleurs elle n’en a pas vocation. Il suffit de voir la compréhension générale d’un consensus scientifique pour le comprendre.

Il y a une part de mystère dans la médecine et dans la science… les patients ont simplement accès aux résultats et non aux connaissances.

Kevin Enhart pendant notre conversation sur l’accessibilité de la science.

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Le projet : les thèses complotistes

On ne peut pas parler de pandémie sans être obligés de passer par la case « complot ». Avec le succès important de « Hold-Up » ainsi que les thèses plus ou moins farfelues qui abondent les réseaux sociaux, les soignants ont été pris pour cibles.

Le projet « Etats de Choc : Primum Non Nocere » n’a pas vocation à être démystificateur de théories. Comme expliqué plus haut, c’est l’accès à la science et à sa compréhension qui permettra d’apporter certaines réponses.

Kevin Enhart a donc une approche différente. Il mettra en avant ces fameuses thèses, l’impact qu’elles ont sur le quotidien des soignants ainsi que la pression ressentie chez les patients liée à ces théories.

Les médecins ont été menacés alors qu’il faisaient leur travail… Il y aurait du avoir de la part des autorités des enquêtes, des recherches et des explications à ce phénomène.

Kevin Enhart pendant notre conversation sur les thèses complotistes et leur impact.

Il considère que la rationalité et l’apport de connaissance sur cette pandémie permettra de mieux aborder les lacunes. Un enrichissement par la culture de la science nécessaire pour éviter la prolifération de ces théories parfois guignolesques.

Le projet : financement, contact et conclusion

Kevin Enhart à fait le choix du financement participatif sur la plateforme KickStarter. Chaque don à une compensation à la hauteur de sa valeur. Vous trouverez toutes les informations concernant le projet, la réalisation et bien d’autres choses à cet endroit.

En conclusion, Kevin Enhart nous propose donc un projet sincère, réel et factuel. Un projet sur lequel la transparence est maitre mot.

Etant réactif et disponible, voici son lien Twitter si vous avez des questions à lui poser.

Et la surprise ?

Kevin Enhart nous accorde de son temps pour le premier live de la chaîne Twitch Fact and Furious. Nous l’avons invité pour qu’il puisse répondre à toutes les questions en direct.

C’est une bonne opportunité de découvrir l’étendue du projet ainsi que tous les points que je n’ai pu mettre en avant dans cet article.

Rendez-vous le samedi 20 mars ici à partir de 19h.


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PaiPLe
Co-Fondateur de Fact & Furious

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